L’étude annuelle de l’Automobile Club Association "Le Budget de l’Automobiliste©" publiée fin mars 2017 a, une nouvelle fois, permis de constater l’ampleur du délire fiscal supporté par l’automobiliste.

L’automobiliste est non seulement le consommateur le plus taxé mais aussi un contribuable très généreux qui fait notamment les frais de politiques fiscales qui ne s’illustrent pas par leur cohérence.

Le gouvernement a durant ce dernier quinquennat affiché sa volonté de mettre fin au "traitement fiscal favorable" du gazole et à la "diésélisation massive" du parc automobile français. Mais si les automobilistes ont acheté "massivement" du diesel, c’est parce qu’ils y ont été largement incités !

Une décision prise il y a plusieurs décennies en faveur du nucléaire a entraîné un demi-siècle de taxation favorable au diesel, qui a amené les constructeurs à adapter leur offre et leur stratégie industrielle, des primes à la casse ou autres venant compléter l’incitation des ménages à acquérir des véhicules diesel.

Certes il n’est pas impossible de revenir sur des choix guidés par l’histoire d’un pays, mais rappelons tout de même, que c’est bien le
système du bonus instauré suite au Grenelle de l’environnement (oui… de l’environnement !) de 2007, qui a continué de favoriser le diesel.

Comment attendre des automobilistes qu’ils adhèrent à une politique fiscale instable qui au final amène toujours au même résultat : l’augmentation du niveau de taxation de l’automobiliste ?

En 2016, l’ensemble des taxes acquittées par les usagers de la route a atteint 65 milliards d’euros, dont 35 milliards rien que pour les taxes sur les carburants. Un quart du budget automobile est consacré annuellement au paiement des taxes. Ces taxes ont, en 2016, complètement escamoté la baisse du prix du pétrole.

Le prix des carburants a certes baissé en valeur hors taxes mais les taxes ont continué de grimper jusqu’à 5 fois l’inflation pour le super et 17 fois l’inflation pour le gazole ! Une baisse du super HT de 11,7 % n’a permis qu’une économie de… 50 centimes par mois à la pompe. 

Quant au gazole, la baisse du produit HT de 14 % a entraîné une petite et laborieuse économie de 1,50 € à chaque plein mensuel.

Un bien mauvais exemple pour la France qui dispose du gazole hors taxes le moins cher des pays de l’Union Européenne mais qui y applique un taux de taxation parmi les plus élevés.

Une telle pression fiscale est un non-sens économique et social.

L’idée de contrecarrer le transport individuel par la surimposition des carburants, les restrictions d’usage et une surtaxation permanente a échoué. 84 % des ménages sont équipés d’un véhicule particulier pour assurer l’essentiel de leurs besoins de mobilité.

Enfin, si l’automobiliste rejette toute mesure pénalisante, il est demandeur de technologies innovantes qui doivent être soutenues notamment en matière de véhicule électrique.

Sauf que pour franchir le pas, il doit savoir où il s’engage, sur les plans de l’usage, du budget et de la fiscalité. À présent incité à acheter hybride ou électrique, il ne faudrait pas que par un nouveau revirement politique, cette motorisation soit, à son tour, vouée à de nouvelles taxes. Après tout, le terrain est préparé, rappelons que la TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers) est devenue TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques)...